Vingt cinq poissons d'eau douce se
cache dans les mots du texte ci-des-
sous!A vous de les découvrir....
DÉPART POUR LA PECHE
Il faisait encore sombre quand mon père, chenu
riant, guilleret, vint me réveiller.
_ Vite, va au grenier chercher ta ligne et ton sceau,
mon gars! Dépêche-toi, car petit à petit, le jour
se lève et j'entends déjà la cloche du passeur!
Que feras-tu s'il il part sans nous? Oh, tu peux rire,
brigand!
Dans ma hâte de descendre, je faillis embrocher
le chat, beaucoup moins pressé que moi, avec
le pique de ma gaule. Je bousculai la tablette et
renversai mon seau : l'amorce, parfumée à l'oseille
pour donner du gout, jonchait le parquet.
Si l'urbanisation stupide avait épargné notre
village, nous aurions pu pêcher au bout de notre
jardin. Hélas, toute vie est pratiquement détruite
en aval et il faut aller en amont si l'on veut
s'éviter une pêche vaine et morne.
Nous y fûmes, enfin...
La rivière courait, pure, saluant au passage
l'églantine que l'épine hoche au fil de l'eau et dont
l'arbre aime se parer...Les saules, en proie à
la fièvre printanière plus tôt que les autres,
pleurait déjà leurs chatons secs à la barbe
hautaine des souches moussues. Un matin de joie
profonde, faite souvent d'oisives rêveries,
commençait : tant chasseurs que pêcheurs, nous
en gardons le secret....